Un dégât d’eau, un incendie, un vandalisme, un bris d’équipement. Le sinistre arrive — et là, c’est la course aux papiers, aux preuves, aux factures, et au combat amical avec l’ajusteur d’assurance pour récupérer ce qui t’est dû.
Voici comment travailler efficacement avec un ajusteur pour obtenir l’indemnisation maximale, sans te faire avoir, et reprendre tes opérations le plus vite possible.
Qui est l’ajusteur — et pour qui travaille-t-il?
L’ajusteur (ou expert en sinistre) est le professionnel qui :
- Évalue les dommages
- Calcule l’indemnisation
- Coordonne avec les entrepreneurs de reconstruction
- Valide les factures
Il y a 3 types d’ajusteurs au Québec :
1. Ajusteur de la compagnie d’assurance
- Employé OU mandataire de ton assureur
- Travaille pour l’assureur, pas pour toi
- Son objectif : indemniser dans les limites du contrat, pas plus
- Gratuit pour toi
2. Ajusteur public (ou expert public)
- Indépendant, tu l’engages toi
- Travaille pour toi
- Coût : 10-15 % du règlement obtenu (ou tarif horaire)
- Recommandé pour sinistres importants (>50 000 $)
3. Évaluateur agréé (différent)
- Expert pour évaluer la valeur d’un bien spécifique
- Engagé soit par toi, soit par l’assureur
Important : l’ajusteur de l’assurance, malgré son professionnalisme, défend toujours les intérêts de la compagnie. Pour gros sinistres, considère engager un ajusteur public.
Les 5 erreurs qui te coûtent gros
Erreur 1 — Modifier la scène avant la visite
Ne bouge rien avant que l’ajusteur arrive (ou que tu aies son OK).
Si tu :
- Jettes le matériel endommagé “pour le débarrasser”
- Nettoies trop tôt
- Répares quelque chose
→ L’ajusteur peut refuser d’indemniser ces items (preuve disparue).
Exception : actions de mitigation urgente (couper l’eau, bâcher le toit, etc.). Tu peux faire ces actions — et tu DOIS les faire (obligation contractuelle de “limiter les dégâts”). Mais documente tout par photos avant.
Erreur 2 — Pas assez de documentation
Documentation requise :
- Photos avant le nettoyage : 30-50+ photos, sous tous les angles
- Vidéo : tour complet de la zone affectée
- Inventaire détaillé : liste de chaque objet endommagé avec prix d’achat estimé, année d’achat
- Factures originales des biens endommagés (si conservées)
- Rapport d’incident : ce qui s’est passé, quand, qui a découvert
- Témoins : noms + coordonnées
- Rapport de police (si vandalisme, incendie suspect, vol)
- Rapport pompier (incendie)
Conseil : commence un dossier numérique (Google Drive ou Dropbox) dès la première heure du sinistre. Tout y va.
Erreur 3 — Accepter le premier chiffre
L’ajusteur t’offre 35 000 $. Tu signes parce que tu veux en finir. Erreur potentielle de 10-30 % d’indemnisation perdue.
L’ajusteur a une marge de négociation. Le premier chiffre est rarement le dernier. Tu peux :
- Demander la ventilation détaillée du calcul
- Contester avec preuves de coûts réels (devis d’entrepreneurs locaux)
- Demander une 2e évaluation indépendante (coût ~500-1 500 $ vs gain potentiel important)
- Engager un ajusteur public pour les gros sinistres
Erreur 4 — Mal interpréter ta couverture
Beaucoup de propriétaires ne savent pas ce que leur police couvre exactement. Avant le sinistre — et surtout après — relis :
- Risques couverts (incendie, eau, vandalisme, panne, etc.)
- Exclusions (inondation, séisme, négligence, etc.)
- Franchise (le montant que tu paies en premier)
- Plafond (le maximum d’indemnisation)
- Couverture des pertes d’exploitation (revenus perdus pendant fermeture)
- Couverture par valeur à neuf ou valeur résiduelle
- Subrogation (l’assureur peut récupérer auprès d’un tiers responsable)
Erreur 5 — Choisir un entrepreneur de réparation sans valider l’ajusteur
L’ajusteur va valider les devis. Si tu engages un entrepreneur avant l’OK ajusteur, tu prends le risque que :
- L’ajusteur refuse de payer une partie
- L’entrepreneur soit non-couvert (assurance responsabilité défaillante)
- Le devis dépasse le règlement et tu paies la différence
Solution : 2-3 devis comparatifs, validés par ajusteur avant signature.
Les 7 étapes — du sinistre à l’indemnisation
Étape 1 — Action immédiate (0-2 h)
- Couper la source (eau, électricité, gaz)
- Évacuer si danger
- Appeler les services d’urgence si requis (pompier, police)
- Photographier la scène
- Appeler le numéro d’urgence 24/7 de ton assureur
Étape 2 — Premier contact ajusteur (2-48 h)
- Obtenir numéro de dossier
- Confirmer l’ajusteur assigné + ses coordonnées
- Discuter du délai d’intervention sur place
- Recevoir consignes immédiates
Étape 3 — Mitigation des dégâts (immédiat, 0-72 h)
- Sécuriser (bâcher, couper, isoler)
- Extraire eau si applicable
- Démarrer séchage / déshumidification si applicable
- Garder TOUTES les factures de cette phase
Étape 4 — Visite ajusteur (24-72 h normal, jusqu’à 2 semaines en charge)
- Présenter ton inventaire et tes photos
- Faire le tour ensemble
- Répondre aux questions
- Ne rien signer d’irréversible pendant cette visite
- Garder une copie de toute note signée
Étape 5 — Devis et estimation (1-3 semaines)
- L’ajusteur ou toi obtient des devis d’entrepreneurs
- Négociation des devis (volonté de l’assureur d’aller chez son réseau ou pas)
- Validation conjointe
Étape 6 — Négociation et règlement (variable)
- Offre initiale de l’ajusteur
- Contre-offre si nécessaire
- Documentation supplémentaire si nécessaire
- Signature de l’accord final
Étape 7 — Travaux et finalisation (semaines à mois)
- Reconstruction selon devis validé
- Facturation directe à l’assureur ou paiement + remboursement
- Inspection finale
- Fermeture du dossier
Combien de temps pour chaque type de sinistre
| Type de sinistre | Délai indemnisation typique |
|---|---|
| Petit dégât d’eau (<10 000 $) | 2-4 semaines |
| Sinistre moyen (10-50 000 $) | 1-3 mois |
| Sinistre majeur (50-250 000 $) | 3-9 mois |
| Sinistre catastrophique (>250 000 $) | 6-18 mois |
| Litige avec assureur | 1-3 ans (recours juridique) |
Conseil : prépare-toi mentalement à un délai plus long. Beaucoup de PME ferment temporairement et reprennent avec 3-6 mois d’attente. La couverture pertes d’exploitation devient critique ici.
Comment l’ajusteur calcule l’indemnisation
Valeur à neuf (recommandée)
- Remplacement par l’équivalent neuf actuel
- Peu importe l’âge du bien sinistré
- Couverture plus chère mais protection meilleure
Valeur résiduelle (à éviter pour équipement vital)
- Remplacement par l’équivalent après dépréciation
- Ex. ton frigo de 10 ans est indemnisé à 30 % de sa valeur neuve
- Couverture moins chère mais te laisse souvent court d’argent
À vérifier dans ta police : la majorité de ton équipement est-il en valeur à neuf ou résiduelle? Demande à ton courtier.
Les coûts indirects à réclamer (souvent oubliés)
Les propriétaires de PME oublient souvent de réclamer ces coûts admissibles :
- Pertes d’exploitation (revenus perdus pendant fermeture)
- Salaires payés à employés inactifs (si tu les gardes en attente)
- Heures supplémentaires d’employés pendant la remise en service
- Location de matériel pour remplacer du matériel sinistré pendant les réparations
- Frais de relogement temporaire (si applicable)
- Décontamination complète (pas seulement la zone visible)
- Tests qualité air ou eau post-sinistre
- Honoraires d’ajusteur public (si tu en as engagé un)
- Frais juridiques (en cas de différend)
- Frais comptables pour préparer le dossier
- Communication client (refaire site web, dépliants, notification)
Conserver des traces — toujours
Pendant tout le processus :
- Notes datées de chaque conversation avec l’ajusteur
- Confirmation par écrit (email) de chaque accord verbal
- Copies de tout : devis, factures, photos, communications
- Journal du sinistre : ce qui s’est passé, qui était présent, décisions prises
Si l’affaire dégénère en litige, ces traces te sauveront.
Quand engager un ajusteur public
L’ajusteur public te coûte 10-15 % du règlement OU un tarif horaire (souvent 100-200 $/h). Vaut-il le coup?
Oui, considère un ajusteur public si :
- Sinistre > 50 000 $
- Affaire complexe (multiples causes, sous-traitants, contestations)
- Tu n’as pas le temps de gérer le dossier
- L’ajusteur de l’assurance te donne un chiffre que tu trouves bas
- L’assureur essaie de refuser couverture
- Litige déjà en cours
Pas nécessaire si :
- Sinistre <30 000 $
- Cause claire (un seul événement, pas de zone grise)
- L’ajusteur d’assurance est coopératif
- Tu as temps + ressources pour gérer
FAQ — questions fréquentes
L’ajusteur veut que mon employé signe une déclaration — c’est OK?
Pas sans relecture. Toute déclaration peut être utilisée contre toi. Demande à voir le document avant signature, idéalement consulte un avocat.
Mon employé a vu le sinistre arriver — peut-il témoigner?
Oui, et son témoignage est précieux. Note ses coordonnées + version des faits dès que possible (pendant que c’est frais).
L’ajusteur traîne. Que faire?
- Documentation des relances par écrit
- Escalade : son superviseur, puis le service de plaintes de la compagnie
- AMF (Autorité des marchés financiers) si l’assureur ne respecte pas ses obligations
- Plainte au courtier qui t’a vendu la police
Combien de devis dois-je obtenir?
Minimum 2, idéalement 3. Pour le même travail. Ne signe rien avant d’avoir validé avec l’ajusteur.
Mon assureur refuse de payer — recours?
- Demande la lettre de refus officiel avec motifs
- Conteste avec preuves supplémentaires
- Médiation
- Litige : avocat spécialisé en droit des assurances
- Plainte AMF
Et les biens à valeur sentimentale (photos, souvenirs)?
L’assurance ne paie que la valeur de remplacement (papier, encre). Pas la valeur sentimentale. Triste mais légal.
Comment Sani Express t’aide
Sani Express est partenaire d’ajusteurs et d’assureurs pour les services post-sinistre commercial au Québec. On gère le côté technique de la remise en état :
- Soumission écrite détaillée acceptée directement par les ajusteurs
- Facturation directe à ton assureur (tu ne paies rien d’avance pour la décontamination)
- Documentation photographique systématique avant/après
- Coordination avec ton ajusteur pour les approbations
- Service 24-48 h en urgence sur le territoire Bas-Saint-Laurent, Gaspésie, Capitale-Nationale
Demander urgence post-sinistre →
Voir article sur dégât d’eau 48 h →
Voir article sur moisissures local commercial →
Téléphone direct : 418-862-2292 (heures ouvrables)
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Ressources externes :
- AMF — Autorité des marchés financiers (recours)
- Bureau d’assurance du Canada (BAC) — Guide sinistres
- OCRCVM — Conseil aux consommateurs assurance
- Code civil du Québec — Articles assurance
Vérifications & sources d’autorité
Cet article a été rédigé après vérification de 8 organismes officiels du domaine :
- Bureau d’assurance du Canada (BAC) : exigences contractuelles d’assurance commerciale. bac-quebec.qc.ca
- Régie du bâtiment du Québec (RBQ) : règlements bâtiment et restauration au Québec. rbq.gouv.qc.ca
- IICRC — Institute of Inspection, Cleaning and Restoration : standards S500 (eau), S520 (moisissures), S100 (textile). iicrc.org
- CNESST — SIMDUT 2015 : étiquetage produits chimiques et FDS au Québec. cnesst.gouv.qc.ca
- Environnement et Changement climatique Canada : substances dangereuses et dégâts environnementaux. canada.ca/fr/environnement-changement-climatique
- MELCC — Ministère Environnement Lutte Contre Changements Climatiques Québec : règlements environnementaux Québec. environnement.gouv.qc.ca
- Santé Canada — Direction des produits thérapeutiques : homologation DIN/NPN et sécurité produits. canada.ca/fr/sante-canada
- CNPI — Code national de prévention des incendies : adoption canadienne des standards NFPA. nrc.canada.ca

